Je crois avoir perdu mon identité, ma personnalité... Entre la fille dépressive qui en peut plus de ce qu'elle vit jour après jour et qui n'a de cesse de se plaindre, la fille joyeuse souriante et folle, la gamine incarnée acharnée et abrutie, la fêtarde qui n'a plus le temps à rien et qui passe tout son temps dehors. Je suis perdue et je me suis moi même perdue dans ma propre schizophrénie. Reste à savoir où j'en suis et si je peux retrouver la bonne route à suivre, appliquer un sevrage brut à tous ces enfantillages. Le temps qui passe me rappelle souvent que je laisse trop couler le robinet, tellement qu'il en déborde jusque sans fin. Noyée dans une marée tellement haute, prise dans une tempête et des vagues tellement fortes... Aucun retour n'est alors possible. Alors je subis. Seule chose que je sache bien faire... subir. Fondre en larmes en une fraction de secondes pour rire à pleines dents la seconde qui suit. Crier sur les toits pour me faire entendre, attendre une réponse en retour sans y prêter attention, regretter de ne pas s'y être attardé. Une vie pleine de regrets, que je nie au summum, une vie emplie de futilités tel que le bonheur que j'oublie trop vite. Coquetteries misérables d'une enfant ministre qui n'a plus de temps pour vivre. Consciente du mal qui me maintient à terre par des menottes, la clef que je possède mais que je n'utilise pas. Torture que je m'inflige, une telle souffrance ne mérite pas la sénescence, un suicide, des colombes et un saut. Une clef dans une serrure, et une délivrance... Personne ne peut rien faire, personne ne saura faire. Cessez juste de me torturer en me rappelant à mon désespoir enfoui, qui à chaque fois que vous l'appelez apparaît comme sur une scène dans ses plus beaux apparats. Laissez le fuir à petits pas et cuire à petit feu... il disparaîtra bien un jour. Un simple regard pour tout oublier, un flash puis le vide. Le ciel comme amie, et mon appareil comme berceuse. Baisé par ma propre conscience, par ma lucidité encore présente, j'attendrais sans cesse de récupérer une route saine sans dérives loin d'un chaos incertain vers lequel mon présent me mène.