Une sensation d'étranglement, comme une main portée au cou qui ne veut pas se relâcher. Comme une prison de cristal, une cage ouverte aux barreaux inapparents mais présents. Cloîtrée dans un mal, qui m'englobe et me bouffe de l'intérieur. Encore une fois perdue. Égarée dans une forêt qui se dresse sous un ciel sans étoiles. Je ne sais plus où j'en suis, les interrogations fusent, et ne cessent de croître, me laissant dans un flou total, sans réponse, sans personne, sans rien. J'aimerais juste me laisser partir, dans le noir le plus total, cependant aller chercher une nouvelle lueur devient insupportable, cet aller se transforme en calvaire, alors je ne bouge plus. Je ne ressens plus rien, toujours insensible aux autres, insensible à lui. Désagréable, hautaine, indifférente, mais inconsciente du mal qui me tient avec poigne, et qui me tire petit à petit vers le fond. Un fond sans fin, qui se crée sous mes pauvres pas et qui s'étend encore plus profond, tel un gouffre duquel je ne peux sortir. Rien. Un cri. Des pleurs. Non, au final rien ne se ressent comme cette souffrance, aussi pénible soit elle. Rien n'aurait laissé présager cette descente si brute. Mais le mal est là. Et vivre avec le mal finit par me faire du bien. Me laisser aller, s'oublier un instant, profiter d'un monde marginal, et se sentir mieux quand on est seul.